Le travail en question

par Entropia

Partant de son propre refus d’une existence centrée sur le tra-vail et l’accumulation matérielle, Françoise Gollain rend hommage à André Gorz dont l’engagement éthique, philosophique et politique a éclairé son parcours. Sa contribution n’est pas seulement une synthèse des réflexions et suggestions de l’auteur d’Écologie et politique, c’est une invitation stimulante à poursuivre la réflexion sur les pistes défrichées par cette œuvre exemplaire. L’antiproductivisme, l’autonomie, l’abolition du salariat, l’économie de la connaissance, sont autant de thèmes féconds pour inventer les outils concrets qui étendent le champ de l’autonomie. Geneviève Decrop propose, quant à elle, un éclairage anthropologique de la notion de travail. Dans le sillage d’Hannah Arendt, c’est un plaidoyer en faveur du travail désaliéné dans la mesure où ce dernier est bien au centre de la relation responsable des hommes avec la nature et avec le monde. Paul Ariès, de son côté, nous propose un examen roboratif de la dégradation du travail productif propre au mythe fon- dateur de la société hypercapitaliste. Tendant à redevenir un moyen de domination et de reproduction sociale à l’identique, le travail, dans la crise elle-même de sa valeur, peut nous aider à comprendre notre situation d’individus égarés loin du sens, et à lutter contre tout ce qui en interdit une souhaitable réappropriation émancipatrice. Le propos de Maurizio Pallante est de revisiter quelques contre-vérités et absurdités du modèle économique dominant. Il montre, à travers des exemples, que le projet d’une société de décroissance ne comporte pas nécessairement une réduction de l’emploi. Bien au contraire, la décroissance peut être, politiquement et démocratiquement bien conduite, le seul moyen de développer l’emploi dans les pays industrialisés.