307 ; Tout ce qui croît décroîtra

par Yves COCHET

Le modèle du monde qui habite le cerveau de l’Occidental moyen est que le marché, la technologie et l’inventivité humaine parviendront à résoudre tous les problèmes qu’affronte aujourd’hui l’humanité, notamment la fin des énergies fossiles à bon marché et le changement climatique. Je ne connais pas de pire aveuglement. Si nous voulons conserver les valeurs cardinales de notre civilisation que sont la paix, la solidarité et la démocratie, nous avons au contraire peu à attendre de la technique et n’avons pas d’autre choix que celui de la décroissance rapide de l’empreinte écologique [1] des sociétés industrielles, en particulier la décroissance de notre consommation d’énergies fossiles.

Une matière première géologique devient une ressource lorsqu’une technologie permet de l’exploiter. Une ressource devient économique si la technologie qui permet de l’exploiter ne génère pas de coûts prohibitifs. La décroissance du volume d’une ressource géologique non renouvelable commence ipso facto au premier jour de son exploitation, mais sa production mondiale peut croître longtemps après grâce au progrès technologique et à la découverte de nouveaux gisements. Ainsi en est-il aujourd’hui du pétrole, du gaz, du charbon et de l’uranium. Plus pour longtemps.

Le pétrole
Un jour à New York
En ce jour de janvier 2007, la Bourse de Commerce de New York (NYMEX) est agitée par les gesticulations incompréhensibles de courtiers aux costumes de couleurs variées qui hurlent des ordres à travers toute la corbeille. Là où se négocie le cours de la matière première la plus précieuse du monde – le pétrole – nous sommes encore dans un marché à la criée, comme l’était le marché des langoustines au Guilvinec en 1980, le cours du brut était descendu en fin de séance de 54,20 dollars par baril à 53,15 dollars.

Bien sûr, la fluctuation sur un jour de négociations ne signifie pas grand-chose, mais la baisse du pétrole a duré plusieurs mois. Ce fut un marché baissier.

Cinq mois de baisse
Ce n’est pas l’antiquité du processus de négociation qui peut expliquer l’évolution des cours du brut, passant de plus de 75 dollars le baril en août 2006 à 53 dollars en janvier 2007. « C’est la manœuvre de Bush avant les élections de novembre qui est à l’origine de ce phénomène », déclare un vieux courtier new-yorkais. « Non. C’est la douceur de l’hiver 2006-2007 », rétorque son voisin. « Pas du tout, ce sont les spéculateurs des Hedge Funds qui abandonnent le pétrole pour investir ailleurs », termine un troisième.

Tout autant que ces explications conjoncturelles, la logique mimétique qui règne dans le monde des marchés éclaire les mouvements apparemment incertains des cours. Les courtiers se soucient moins des fondamentaux économiques de la matière pétrole que de l’opinion de leurs pairs. Ce sont les anticipations croisées des spéculateurs qui déterminent comment gagner de l’argent [2].

Cinq ans de hausse
Néanmoins, depuis janvier 2002, la tendance longue des cours du pétrole brut est à la hausse. Ce renchérissement repose sur trois facteurs structurels d’origine géologique, économique et géopolitique :
1) Le maximum mondial de production de liquide hydrocarboné sera bientôt atteint. Depuis un siècle et demi d’extraction industrielle du pétrole, on estime que 50 % des réserves ont été consommées. Le pétrole restant à extraire réclamant beaucoup plus d’investissement pour une qualité moindre, les prix augmenteront tandis que la production diminuera. Nous entrons aujourd’hui dans l’ère de la décroissance géologique de la production mondiale de pétrole.
2) Un excès structurel de la demande de pétrole par rapport à l’offre. Tout le monde veut du pétrole, principale source d’énergie du mode de développement industriel. Nous ne pouvons pas vivre sans pétrole, nous sommes drogués au pétrole. Cela rendra le choc pétrolier actuel plus durable que les chocs d’origine politique des années soixante-dix ;
3) Le pétrole, c’est la guerre. Là où il y a du pétrole, une élite dirigeante vit de sa rente – souvent aux dépens de la population – et ces pays sont visés par le comportement prédateur des pays grands consommateurs comme les États-Unis, la Chine et l’Union européenne. L’Irak est un exemple clair de cette voracité.

Le pic de Hubbert
En 1956, King Hubbert, géologue à la société Shell, publia un article peu remarqué affirmant que la production pétrolière des 48 premiers États américains – la plus importante du monde à cette époque – allait croître jusqu’en 1969, puis décliner inexorablement ensuite. C’est ce qu’on nomme le Peak Oil, ou le passage du pic de Hubbert. Il fallut attendre un peu plus de quatorze années pour lui donner raison, à un an près : la production américaine atteignit un maximum en 1970, et ne cessa de décroître depuis. La prédiction de Hubbert était basée sur l’observation que, pour une région suffisamment vaste, le volume annuel de l’extraction pétrolière suit une courbe en cloche qui est maximale lorsqu’à peu près la moitié de la ressource est extraite [3]. Après la disparition de King Hubbert en 1989, des géologues et des universitaires tentèrent de prévoir – avec quelque incertitude – la décroissance mondiale de la production de pétrole. Celle-ci devrait culminer vers 2009 (plus ou moins trois ans), puis décliner d’environ 2,5 % par an. Ce n’est pas demain, c’est demain matin.

Les rêves des technophiles
Un premier rêve hante les esprits productivistes : investir plus dans l’exploration permettra de découvrir et d’extraire plus de pétrole. Las, après plus d’un siècle d’exploration géologique, les ressources pétrolières sont à peu près toutes connues. Depuis plus de quarante ans, le volume des découvertes annuelles diminue. Aucun investissement, aucune technologie ne créera du pétrole qui n’existe pas. Cependant, le mythe continue. Ainsi est-il courant d’entendre que le Moyen-Orient est peu exploré, et que si les pays de cette région étaient plus ouverts aux technologies et aux prospecteurs occidentaux, la production de pétrole pourrait augmenter. Ceci est faux. Certes, quelques territoires à faible potentiel sont peu forés, mais ce qui compte est la « courbe d’écrémage » d’un territoire, c’est-à-dire le graphe qui montre l’augmentation du volume de découvertes cumulées en fonction du nombre de puits forés. En Arabie saoudite, par exemple, 90 % du pétrole a été découvert entre 1935 et 1968 en forant seulement 40 puits d’exploration, tandis que les 10 % de pétrole restant ont été découverts entre 1968 et 2005 en forant 120 puits d’exploration [4].

Le second rêve imagine que les progrès technologiques peuvent augmenter le taux de récupération des champs de pétrole (soit le pourcentage des réserves initiales par rapport au volume total en place). Ce taux est aujourd’hui de 35 %, en moyenne. « Un gain de 1 % de taux de récupération équivaut à deux ans et demi de consommation mondiale ! Notre ambition est de le porter en moyenne à 50 % », affirme Andrew Gould, le PDG de Schlumberger [5]. Mais comment connaît-on le volume d’un champ de pétrole et les réserves que l’on peut en extraire ? Les puits d’exploration indiquent l’épaisseur, la porosité et la saturation du champ, tandis que la sismique en reconstitue la structure. L’incertitude demeure [néanmoins], car les puits sont ponctuels et la sismique imprécise. Les réserves extractibles sont également incertaines au début de l’exploitation du champ, et ne sont finalement connues que lorsque la production du champ s’arrête. Le taux de récupération dépend essentiellement de la géologie du réservoir. Il peut varier de 3 % pour un réservoir compact fracturé à 85 % pour un réservoir poreux et perméable. Aucune technologie ne peut transformer un réservoir compact en un réservoir poreux. Pour le pétrole conventionnel, on peut cependant agir sur la pression par injection d’eau ou de gaz, tandis que, pour les huiles extra lourdes, l’injection de vapeur d’eau réduit la viscosité et augmente la récupération, au prix d’investissements et de coûts opératoires croissants. Si cette récupération assistée accélère l’extraction, elle endommage souvent le réservoir de telle sorte que le déclin après le pic est plus rapide et que le volume ultimement extrait reste le même qu’estimé initialement, voire inférieur si le forçage a été trop brutal [6]. L’exemple du champ de Yibal, dans le sultanat d’Oman, montre que l’extraction de pétrole par Shell a d’abord augmenté avec l’injection d’eau sous pression en 1979. Puis, vers 1999, elle s’est brutalement effondrée, tandis que le mélange qui jaillissait en pied de puits contenait 90 % d’eau. Cette technologie a conduit à l’extraction ultime de moins de 1 800 millions de barils pour ce champ, alors que, sans forçage de la production, il était prévu d’en extraire 2 400 millions [7]. Le profit à court terme de la récupération forcée détruit les bénéfices à long terme d’un volume extrait plus important.

D’autres rêves persistent dans l’imaginaire des cornucopiens (les croyants en la prodigalité éternelle de la nature) : la technologie contribuerait à la croissance des réserves ; elle montrerait que nous avons encore 40 ans de réserves pour le pétrole, 60 ans pour le gaz, et 250 ans pour le charbon ; elle diminuerait les coûts d’extraction du brut. La réalité est tout autre lorsque l’on prend le temps d’examiner longuement les statistiques comme le font Jean Laherrère et les experts de l’ASPO [8].

Un dernier rêve s’exprime comme une évidence de bon sens mâtinée de credo scientiste : la technoscience trouvera des énergies de substitution lorsque la production de pétrole déclinera. Or, existe-t-il aujourd’hui une énergie aussi bon marché, aussi transportable, aussi répandue, aussi facile et universelle d’usage que le pétrole ? Aucune. Les avions ne décollent pas avec de l’uranium ou de l’éolien. Ni avec des agrocarburants (éthanol, diester), dont l’engouement actuel est dû au lobby betteravier et céréalier, au mépris de tout bilan écologique et énergétique. Lorsque la production de pétrole commencera à décliner pour toujours, il n’existera aucun fluide capable de compenser la déplétion de plus d’un milliard de barils par an.

Le gaz
Cependant, nous dit-on, dans certaines applications, le gaz naturel peut remplacer le pétrole. Examinons de plus près cette affirmation.

La plupart du temps, un réservoir géologique de pétrole contient aussi du gaz associé. Cependant, ce gaz est parfois renvoyé sous terre par un autre puits pour maintenir la pression dans le réservoir, ou bien il est brûlé sur place dans des torchères, ou simplement envoyé dans l’atmosphère (contribuant ainsi fortement à l’accroissement de la concentration des gaz à effet de serre). En effet, l’exploitation commerciale de ce gaz naturel associé au pétrole exigerait des infrastructures spécifiques de traitement et de transport qui manquent en général. Le géant russe Gazprom rejette ainsi de grandes quantités de gaz dans ses exploitations pétrolières, faute d’installations gazières. En mer du Nord, le volume de gaz torché possède une puissance équivalente à celle d’un réacteur nucléaire de 1500 MW [9]. La Banque mondiale estime que le volume total du gaz torché sur notre planète est d’environ 150 milliards de m3 par an, soit l’équivalent du tiers de la consommation annuelle de gaz de l’Union européenne.

La mode actuelle de la transition douce du pétrole vers le gaz souffre de l’ignorance des coûts et du temps incompressibles qui seraient nécessaires pour effectuer cette transition. Augmenter la production de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’équivalent de 10 % de la production actuelle de pétrole exigerait au moins quinze ans, même en l’absence de contraintes financières. En outre, les investisseurs préfèrent le pétrole au gaz pour la double raison que vendre du pétrole rapporte plus que vendre du gaz, et que le coût des infrastructures pétrolières est moindre que celui des infrastructures gazières.

L’affaire Gazprom risque de s’achever sous peu dans la même débâcle que celle d’Enron. L’extraction des grands champs gaziers de Sibérie, proche de son maximum puis de son déclin vers 2010, sera incapable de fournir les volumes promis à la consommation intérieure russe et inscrits dans les contrats d’exportation vers la Confédération des États indépendants et vers l’Union européenne.

Alors que le Peak Oil commence à être connu d’une minorité de décideurs économiques et politiques des pays de l’OCDE, le Peak Gas (c’est-à-dire l’amorce du déclin de production de la ressource) est totalement ignoré. La croyance commune est plutôt celle de la transition du pétrole vers le gaz, accompagnée de l’expression de multiples avantages illusoires : le gaz est bon marché, il est plus doux pour l’environnement, et provient majoritairement de pays non membres de l’OPEP, non arabes ou non musulmans.

Le Peak Gas mondial pourrait advenir vers 2025. Mais la situation est très différente de celle du pétrole. Le pétrole est, de très loin, le plus grand marché mondial, en valeur comme en volume. Lorsqu’on parle de mondialisation, c’est d’abord de pétrole qu’il s’agit. Le gaz, au contraire, n’est pas régi par un marché mondial, mais par quatre marchés continentaux (Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe, Asie-Pacifique), simplement parce que le gaz est gazeux ! Pour le transporter sur les océans, il faut le refroidir afin de le liquéfier, ce qui coûte globalement dix fois plus cher que le transport du pétrole.

Les pénuries géologiques doivent donc être anticipées à l’échelle de ces continents. Le premier frappé sera l’Amérique du Nord – avant même le pic pétrolier – avec un déclin de production gazière plus sévère que pour le pétrole. Il en sera de même pour l’Europe, trop confiante dans le gaz russe dont les réserves sont surévaluées. Vladimir Poutine espère prendre la direction de Gazprom en 2008, et cherche actuellement à créer une OPEG avec la Sonatrach d’Algérie.

Le charbon
Une dernière croyance salvatrice réconforte les théologiens de la croissance énergétique : l’abondance du charbon. Bien entendu, on espère que les technologies les plus modernes de captation-séquestration du carbone seront appelées à la rescousse pour éviter que les nouvelles centrales thermiques au charbon accroissent significativement les émissions de CO2. Il existe aujourd’hui plus de mille projets de telles centrales au charbon, mais seules quatre d’entre eux sont accompagnés de dispositifs de captation-séquestration du carbone, si tant est que cela fonctionne. En outre, comme pour les autres énergies fossiles primaires que nous avons évoquées, se posent les questions de l’estimation des réserves mondiales de charbon et de la date du Peak Coal.

Une toute récente étude allemande [10] tente d’y répondre. Après avoir constaté que les statistiques charbonnières sont aussi incertaines que celles qui concernent le pétrole et le gaz, les auteurs s’étonnent de l’ancienneté des bases de données et des importantes révisions à la baisse lors des mises à jour de certaines d’entre elles. L’annonce la plus spectaculaire concerne justement l’Allemagne : depuis des décennies, l’Institut fédéral des géosciences publiait un volume de réserves charbonnières de l’ordre de 23 milliards de tonnes, lorsque, en 2004, il ajusta son estimation à 183 millions de tonnes, soit une réduction de plus de 99 % ! À un moindre degré, des révisions à la baisse ont également été effectuées en Grande-Bretagne et en Pologne, tandis que les dernières données chinoises datent de 1992. Depuis vingt ans, seules l’Inde et l’Australie ont augmenté l’estimation de leurs réserves de charbon, alors que les autres pays charbonniers ont diminué les leurs de 35 % en moyenne. Ces considérations sont très différentes de celles qui sont offertes par BP [11] ou par le Conseil mondial de l’énergie [12].

Six pays se partagent 85 % des réserves mondiales de charbon : les États-Unis, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Australie et l’Afrique du Sud. Cependant, les grands pays exportateurs ne viennent pas dans le même ordre : l’Australie, l’Indonésie, l’Afrique du Sud et la Colombie. Si le charbon devait simplement contrebalancer la déplétion mondiale du pétrole et du gaz dans les deux décennies à venir, il faudrait augmenter de plus de 30 % la production actuelle. Ceci semble géologiquement possible, mais, après 2025, la situation deviendrait plus dramatique : toutes les énergies primaires fossiles seraient en déclin. La conclusion du docteur Wernel Zittel, directeur de l’étude, est sans appel : « Les investissements dans le charbon propre réclament énormément d’argent et de soins. Ceci servira d’abord à justifier la construction de nouvelles centrales électriques au charbon dans les quinze ans à venir. Ensuite, si la séquestration du carbone est économiquement prête, cela sera inutile puisque le gros des centrales polluantes aura été construit, et de nouvelles constructions n’auront pas lieu à cause de la disponibilité insuffisante de charbon. »

L’uranium
L’équipe de chercheurs allemands de l’ « Energy Watch Group » a inauguré ses travaux en novembre 2006 par la publication d’un document étonnant sur la pénurie prochaine d’uranium, faisant ainsi s’évanouir tous les rêves de « substitution » des fossiles par le nucléaire émanant du lobby de l’atome, reconverti en acteur zélé de la lutte contre [la dérive de] l’effet de serre. « Toutes les propositions de croissance du nucléaire négligent le fait que les réserves de minerai requis pour cette technologie sont en fort déclin et ne permettent pas un développement futur », affirme le docteur Werner Zittel. Le groupe de chercheurs a calculé que, même avec des prix élevés de l’uranium, la production d’uranium atteindra son maximum vers 2035, si l’on se contente de fournir le parc actuel de réacteurs. Si, comme le recommande l’Agence internationale de l’énergie, de nouvelles centrales sont construites, la pénurie de combustible nucléaire adviendra avant 2030. De toute façon, les prix de l’uranium ne cesseront de croître fortement. La livre d’uranium valait encore 7 dollars en 2001. Elle a atteint les 60 dollars à la fin de 2006, et a dépassé les 100 dollars au printemps 2007.

Les 440 réacteurs nucléaires en fonctionnement dans le monde consomment environ 67000 tonnes de minerai uranifère par an. L’extraction minière n’en fournit que 42 000 tonnes, le reste provenant du désarmement et des stocks. Ces 25000 tonnes annuelles comblant le manque de la production minière ne cessent de décroître depuis 1980 et seront épuisées dans les dix ans à venir. Ceci impliquerait d’accroître la production minière de plus de 50 % à partir de 2015 pour couvrir les besoins futurs. Les perspectives géologiques et économiques en la matière sont limitées, bien inférieures aux 50 % requis. « Au vu des données examinées concernant l’extraction, nous pouvons conclure que l’énergie nucléaire ne sera plus une source d’énergie majeure dans quelques décennies », ajoute le docteur Zittel.

La technique présente de nombreuses facettes. Elle n’est pas, par essence, dédiée à la seule raison instrumentale de domination du monde, d’autant que celle-ci n’est pas un modèle convenable de la réalité, comme nous venons de la constater avec les exemples de l’extraction des ressources où, paradoxalement, la technique alliée au productivisme rapproche la fin de ce productivisme. La technique peut aussi nous dire l’entente que l’humanité forme avec le monde [13]. L’habileté de l’artisan, l’éloquence d’un orateur, la cuisine d’un chef sont aussi technicisées que la sismique pétrolière.


[1Mathis Wackernagel and alii, « Tracking the ecological overshoot of the human economy », Proceedings of the National Academy of Sciences USA, Vol. 99, Issue 14, July 9, 2002, pp. 9266-9271.

[2André Orléan, Le Pouvoir de la finance, Editions Odile Jacob, Paris, 1999, pp. 100-104.

[3Colin Campbell et Jean Laherrère, « La fin du pétrole bon marché », Pour la Science, n° 247, mai 1998, pp. 30-36.

[4Jean Laherrère, « Pétrole et gaz : quel avenir pour quel monde ? », Orthez, 26 septembre 2006. http://www.oilcrisis.com/laherrere/

[5La Recherche, cahier technologique n° 1, avril 2007, p. XIV. (Schlumberger est la première société mondiale de services pétroliers. CA 2006 : 19,2 milliards de dollars, 70 000 salariés).

[6Jean Laherrère, op. cit.

[7Yves Cochet, Pétrole apocalypse, Fayard, 2005, p. 34.

[8Association for the Study of Peak Oil & Gas. www.peakoil.net/

[9Andrew McKillop, « Peak Oil to Peak Gas is a short ride », Energy Bulletin, 12 décembre 2006.

[13Frédérique Patras, La Pensée mathématique contemporaine, Presses Universitaires de France, 2001, p. 176.