La supercherie de l’ « externalisation des tâches domestiques »

par François-Xavier Devetter, Sandrine Rousseau

Les mesures gouvernementales en faveur des « services à la personne » sont présentées comme la volonté d’exploiter un gisement d’emplois. Peu de voix se sont élevées contre cet objectif. Tout au plus la méthode, appuyée sur une logique de défiscalisation des dépenses des plus aisés, a été critiquée. Si cet élément est assurément inégalitaire, il nous semble que les incitations à la création d’emplois dans ce secteur sont négatives sur bien d’autres aspects.

Mais il convient tout d’abord de mieux cerner la nature de ces services et des emplois tant espérés. Il est remarquable que ,dans la plupart des discours sur la question, la nature des activités encouragées demeure très floue : services informatiques, assistance aux personnes âgées, conciergerie d’entreprise, voire tout simplement « nouveaux services » sans plus de précisions. L’énoncé des services créés passe le plus souvent sous silence le ménage à domicile. Ainsi, dans un des rares textes publiés sur l’émergence d’entreprises de ce secteur, le ménage n’est à aucun moment cité... sauf lorsqu’il s’agit de trouver un exemple d’entreprise existant réellement (Saint Martin, 2006). Or actuellement, selon les prévisions les plus sérieuses (Sebeil, 2002, par exemple), il est clair que le ménage à domicile représente une part considérable des activités développées : à côté des services de garde des enfants et d’assistance aux personnes âgées, les femmes de ménage représentent ainsi au moins un tiers des emplois attendus. Nous pouvons donc en partie repréciser la question qui nous occupe : quelles sont les conséquences sociales d’une politique d’incitation à la création d’emplois de femmes de ménage ?

Dans un premier temps, nous reviendrons sur le caractère très spécifique de cet emploi, dont l’existence et le développement ne peuvent que s’appuyer sur un cumul d’injustices et d’inégalités. Dans un second temps, nous nous intéresserons au modèle de société qu’implique une plus grande externalisation des tâches domestiques.

Des emplois injustes
Pour affirmer le caractère injuste des emplois de ménage à domicile nous reprendrons la définition de la justice de Nancy Fraser, à savoir qu’une situation est juste si elle permet une « parité de participation » souscrivant alors à deux critères complémentaires : une reconnaissance sociale minimale, d’une part, et une capacité matérielle de participation et d’indépendance de l’autre (Fraser, 2004). Ce sont ces deux critères que nous allons étudier successivement.

Un déficit de reconnaissance
Fraser accorde une place fondamentale à la demande de reconnaissance sociale des individus, pour qu’ils puissent pleinement appartenir à la société. Le critère de reconnaissance doit être entendu dans une acception normative et non psychologique. La reconnaissance est ici une question de statut social plus que d’identité, et elle doit permettre de reconnaître l’autre comme partenaire à part entière dans l’interaction sociale. Ainsi, l’absence de reconnaissance passe par l’imbrication d’inégalités sociales et par le refus de reconnaissance. L’activité de ménage à domicile est, en ce sens, marquée par une dévalorisation très forte qui la place dans une situation défavorable en termes de reconnaissance sociale. Plusieurs éléments concourent à ce résultat.

Tout d’abord, il semble que la nature des tâches tende à être dévalorisée et dévalorisante pour les personnes les effectuant. Certes, il ne faut pas tomber dans une naturalisation trop forte des tâches, et il est clair qu’historiquement des activités rejetées ont fini par obtenir une visibilité sociale meilleure, voire enviable. Néanmoins, il nous semble que la gestion de la saleté fait partie des activités les plus difficiles à valoriser, comme le montre par exemple Michael Walzer (1997). Historiquement, en effet, et même dans les sociétés les plus égalitaires, comme les kibboutz ou les phalanstères, construites autour de la notion d’égalité (ce qui est loin d’être le cas d’autres sociétés et notamment la nôtre), les tâches de ménage n’ont jamais pu être gérées comme les autres, gardant un statut à part et dégradé. Ainsi le fait de nettoyer la saleté des personnes dans leur intimité reste marqué négativement, au plan symbolique.

C’est sans doute ce qui explique l’émancipation politique tardive des personnes effectuant le ménage en tant que domestiques. Elles n’accèdent en effet pas à la citoyenneté au moment de la Révolution Française, et la République tardera à leur accorder le droit de vote (d’Iribarne, 1997). Aujourd’hui encore, la convention collective du particulier employeur porte sur des emplois désignés par des termes directement issus de la domesticité : on y parle de « valets de chambre », de « repasseuse » ou encore de « femmes de chambre ». Et si ces personnes sont aujourd’hui des citoyens par leur droit de vote, elles ont encore beaucoup de difficultés à faire valoir leurs droits sur leur lieu de travail. L’inspection du travail n’ayant pas l’autorisation d’entrer au domicile des particuliers, les femmes de ménage sont de fait privées d’une partie de la protection accordée par l’État à tout salarié.

Le déficit de reconnaissance sociale ne semble pas pouvoir être comblé aujourd’hui, malgré l’augmentation du nombre d’emplois qui pourrait laisser penser à une sorte de banalisation. En effet, ce type d’emplois s’appuie sur l’absence apparente de qualifications spécifiques. Les qualités requises sont considérées comme « naturelles » ou « innées » et surtout très largement partagées, chacun pouvant autoproduire le service de ménage à son domicile. Or, selon Axel Honneth (2002, p.152), « une personne ne peut se juger estimable que si elle se sent reconnue dans des prestations qui ne pourraient être aussi bien assurées par d’autres ». L’estime de soi doit s’appuyer sur la participation à un processus de production dont l’utilité est collective, et auquel chacun collabore de manière spécifique. La division du travail sur laquelle reposent les emplois de femmes de ménage n’est pas conforme à l’idée d’une division coopérative et démocratique du travail telle qu’on la retrouve chez Mead par exemple. Cette affirmation rejoint le constat de Christian Baudelot et Michel Gollac : les femmes de ménage ont été les seules à interpréter de manière différente la question qui leur était posée (comme à toutes les autres catégories de salariés) : « Vous arrive-t-il parfois d’éprouver dans votre travail l’impression que ce que vous faites n’importe qui pourrait le faire ? » Si pour les autres professions, une réponse positive est perçue comme dévalorisante (négation d’une qualification), pour les femmes de ménage elle peut être considérée comme un signe positif de « normalité » de la profession et du refus de son caractère dévalorisant (Baudelot, Gollac, 2003, pp.83-84). En l’absence de qualifications spécifiques, la seule raison d’une délégation de ces tâches à d’autres repose sur leur pénibilité (et leur faible coût) (Kauffman, 1997) [1]. Et c’est sans doute là l’élément essentiel d’une impossible valorisation de ces emplois : certains se spécialisant dans ce que d’autres peuvent, mais ne veulent pas faire.

S’il est utile de distinguer les tâches des personnes, remarquons toutefois que le passage par un emploi de femme de ménage ne permet que rarement d’accéder à des emplois plus qualifiés ou plus valorisés. Les personnes sur ces postes sont le plus souvent des femmes en situation de rupture sociale, ce qui en fait un emploi non transitoire, accepté en fin de trajectoire professionnelle, et perçu comme un échec.

Ainsi, les emplois de ménage à domicile sont particulièrement mal considérés socialement. Les raisons évoquées précédemment sont probablement partielles, mais l’essentiel ici est que le constat est relativement sans appel. Une étude empirique auprès d’étudiants en école d’ingénieur peut l’illustrer : lorsqu’il est demandé de classer des emplois selon leur degré de désirabilité pour eux-mêmes durant leurs études ou pour un(e) ami(e) n’ayant pas fait d’études, le ménage à domicile arrive loin derrière les autres situations proposées comme agent de sécurité, employé dans la restauration rapide ou manutentionnaire. La perception de l’emploi est très négative, d’autant qu’à ce manque de reconnaissance s’ajoute une situation très dégradée dans la distribution des avantages économiques.

Un déficit dans la distribution des avantages économiques
Il est très difficile de porter un jugement objectif sur les conditions de travail et de rémunération des femmes de ménage, en l’absence de données statistiques significatives. Les principales données disponibles sur ce thème seraient celles issues du complément « Conditions de Travail » réalisé avec l’Enquête Emploi de 1998. Malheureusement, les « employés de maison et femmes de ménage » interrogés dans ce cadre ne sont que 239. Certes, sur la base de cet échantillon, il ressort que cette catégorie de salariés déclare très largement subir une pénibilité du travail liée au fait de rester debout (92 % contre 51 % des autres employés). Ils déclarent également davantage que la moyenne des employés des postures (54 %) et des mouvements pénibles (42 %). La taille réduite de l’échantillon doit nous inciter à prendre ces résultats avec prudence, mais ils sont toutefois largement confirmés par les enquêtes sociologiques effectuées sur ce secteur d’emploi. Les publications de J.-C. Kaufman (1997), A. Dussuet (2002), T. Angelof (2000) ou K. Vaselin (2001, 2002) (pour se limiter aux travaux français) s’accordent sur le constat d’un travail pénible, faiblement rémunéré (et n’assurant pas toujours un revenu supérieur au seuil de pauvreté), précaire, marqué par l’isolement et des contraintes temporelles excessives. Il en va de même des entretiens menés par nos soins auprès des employeurs des nouvelles entreprises créées sur le secteur : l’organisation du travail et les conditions de rémunération, par exemple, ne sont pas meilleures que dans le gré à gré, notamment du fait de la faiblesse des marges obtenues par les entreprises (Devetter, Rousseau, 2006).

En termes de rémunération, 43 % des employés de maison et femmes de ménage déclarent toucher moins de 380 euros mensuels (Enquête Emploi, 2002). Ces salaires mensuels ne s’expliquent pas par une faible rémunération horaire, mais la faiblesse du nombre d’heures travaillées. Il semble en effet difficile (si ce n’est impossible) de travailler à temps plein en tant que femme de ménage. Outre la pénibilité importante du travail qui rend le temps plein difficile à supporter, surtout pour des femmes plutôt âgées, leur rémunération se fonde sur le temps passé au domicile des clients. Contrairement à d’autres emplois de services rémunérés sur la base de 35 heures par semaine, quel que soit le temps passé sur le lieu de production du service, les femmes de ménage ne sont payées que lorsqu’elles sont à pied d’œuvre. Ainsi la multiplication du nombre de clients entraîne la multiplication des temps de transport (non rémunérés dans l’ensemble des entreprises que nous avons interrogées, et conformément à la convention collective). Le temps moyen d’intervention au domicile étant de 3 heures (Enquête Emploi du Temps, 1998), lorsque ces employées font le ménage chez deux personnes, elles n’ont travaillé que 6 heures et ne peuvent que difficilement « faire une troisième maison ». Ainsi, l’organisation même de l’emploi empêche la constitution d’un temps plein, y compris au sein d’associations prestataires. Il est tout de même remarquable que nous ayons affaire à un métier qui concentre une part non négligeable des working poors, le revenu de ces emplois ne permettant pas toujours de dépasser le seuil de pauvreté.

Ce cumul de situations défavorables rend particulièrement complexe une amélioration de la situation des salariées concernées, et cela d’autant plus que leur développement s’inscrit dans un cadre foncièrement inégalitaire.

Un modèle de société inégal et productiviste
En effet, l’existence même des emplois de femmes de ménage repose sur les inégalités sociales, tandis que leur développement entretient ces mêmes inégalités. Par ailleurs, la division sociale du travail qui en découle favorise et s’articule parfaitement avec une orientation productiviste de la société.

Des emplois qui n’existent que grâce aux inégalités
La dimension inégalitaire de ces emplois se manifeste tout d’abord par l’absence de mécanismes d’allocation de ces tâches pénibles, reconnues comme socialement légitimes. Comme le montre notamment Walzer (1997), les travaux pénibles peuvent être répartis de différentes manières, pour certaines socialement acceptables : que ce soit sur la base par exemple d’inégalités considérées légitimes (l’âge par exemple) ou encore suivant un principe de réciprocité ou une sorte de « tour de rôle ». Or, aucun de ces mécanismes n’est à l’œuvre dans le cas des services domestiques. L’âge par exemple : en général les tâches les plus pénibles physiquement sont allouées aux jeunes et/ou aux hommes. Ici, les femmes de ménage, comme leur nom l’indique, sont des femmes et leur moyenne d’âge est élevée en comparaison d’autres professions non qualifiées (SYDO, 2005). Par ailleurs, le principe de réciprocité ou du « chacun son tour » n’est ici pas appliqué : les femmes de ménage n’ont pas recours elles-mêmes à d’autres femmes de ménage, et les employeurs (ou clients selon la structure) n’ont que très rarement (pour ne pas dire jamais) occupé eux-mêmes l’emploi avant de le confier à d’autres.

Parallèlement, la demande de services domestiques n’est pas appuyée sur des besoins « objectifs », définis collectivement et reconnus socialement, mais sur le seul niveau de revenu. Les analyses économétriques font clairement ressortir que les « besoins » (liés à l’activité féminine ou la présence d’enfants par exemple) n’expliquent que très marginalement le recours à une femme de ménage. Seul le niveau de revenu est réellement explicatif. Ainsi la proportion de ménages (dont la personne de référence a moins de 70 ans) employant une femme de ménage ne devient significative que pour le 10e décile de la distribution des revenus.

Des études américaines comparant le volume d’emploi dans ce secteur entre les grandes villes américaines concluent également que le principal déterminant du nombre d’emplois de femmes de ménage n’est ni l’activité féminine, ni d’autres « besoins » éventuels, ni même le seul revenu des ménages, mais plus encore le degré d’inégalités, notamment au sein de la distribution des salaires féminins (Milkman et alii, 1998).

Enfin, l’inégalité n’est pas seulement économiquement nécessaire (nécessité de différentiels de salaire élevés comme pour tous les services aux particuliers), elle est également symboliquement utile : Bridget Anderson montre par exemple que la gêne liée à la délégation de tâches domestiques est combattue, du point de vue du client, notamment via l’aide apportée par l’employeur à la salariée intervenant à son domicile. Ainsi, les personnes recourant aux services d’une femme de ménage aident par exemple les enfants des salariées dans le cadre d’un soutien scolaire, ce qui ne fait finalement que renforcer le décalage social. Pour le dire crûment, on ne fait pas faire son ménage à un semblable...

Une division sociale du travail favorable au productivisme
Si la division sociale du travail qui découle du développement des emplois à domicile, et plus particulièrement du ménage, est foncièrement inégalitaire, elle s’articule également avec une vision très productiviste de la société. En effet, ces emplois sont censés permettre un engagement plus grand des individus « les plus productifs » dans leur travail. Les discours relatifs aux emplois de services à la personne sont sans ambiguïté : ils doivent faciliter la conciliation vie professionnelle – vie privée des actifs, et permettre éventuellement un accroissement choisi du temps de travail. En ce sens, la politique de promotion des services domestiques est parfaitement cohérente avec la volonté de favoriser un temps de travail « choisi », permettant de « travailler plus pour gagner plus ». Et on peut vérifier que les employeurs de femmes de ménage ont bien un temps de travail sensiblement supérieur à la moyenne (Enquête Budget des ménages, 2001).

L’évolution inégalitaire des temps de travail (croissance du temps de travail des cadres et diminution forte, via le temps partiel, des temps de travail des ouvriers et employés) obéit à la même logique d’accroissement de la division sociale du travail (Gershuny, 2005). La marchandisation des tâches domestiques encourage la transformation des gains de productivité en rémunération supplémentaire et non en temps libre. Ce choix a évidemment des conséquences environnementales non négligeables, comme le rappelle notamment Juliet Schor (2005). Lorsqu’un actif travaille plus de 45 heures, on observe en effet des évolutions de consommation dans trois domaines particulièrement importants : les dépenses de transports en commun baissent, les voyages à forfaits (incluant le plus souvent un transport aérien) croissent considérablement et les dépenses de « repas pris à l’extérieur » augmentent également, alors que ceux-ci ont une empreinte écologique de 4 fois supérieure à celle d’un repas pris au domicile (Wiedmann et alii, 2006). Les temps de travail élevés sont le plus souvent le fait de catégories socio-professionnelles supérieures, donc à revenu élevé. Or, la pollution étant très liée à la consommation, c’est sans doute là le lien essentiel entre temps de travail et externalités (Devetter, 2006).

De nombreux travaux féministes soulignent également que le développement des emplois de ménage à domicile signale l’échec d’une redistribution des tâches domestiques au sein du ménage. Pour soulager la femme, le couple emploie une femme de ménage. Ainsi, le partage des tâches domestiques, qui serait sans doute une manière d’alléger la double journée de travail des femmes, trouve là un exutoire facile pour les hauts revenus. La « défaite » des femmes actives au sein de leur ménage est alors compensée par leur victoire face aux femmes des classes plus défavorisées (Romero, 2002), (Anderson, 2001 ; 2006). En ce sens, les emplois à domicile sont emblématiques d’un choix de société privilégiant des temps de travail longs et une marchandisation accrue des activités domestiques aux dépens d’un modèle privilégiant la réduction du temps de travail et le partage égalitaire des tâches domestiques. L’évolution de la politique suédoise vis-à-vis des emplois domestiques illustre cet aspect. Après la mise en place en France du chèque emploi service, un débat a eu lieu en Suède sur la même question. Finalement, le dispositif n’y a pas été mis en place, au motif que les emplois de femmes de ménage étaient dévalorisants pour les femmes, et que l’égalité nécessitait un partage des tâches domestiques. Aujourd’hui la question est relancée : le travail des femmes et le faible partage des taches au sein du couple, dégradant la situation des femmes de ce pays et favorisant l’emploi de femmes de ménage non déclarées.

Conclusion
Les emplois de ménage à domicile cumulent déni de reconnaissance et déficit d’avantages économiques. En ce sens, nous pouvons considérer l’incitation à leur création comme injuste. Certes, les plans de promotion de ces emplois ont pris acte de leur faible attractivité, mais les mesures de structuration de l’offre semblent clairement insuffisantes pour améliorer la situation de salariés dont l’emploi repose d’abord sur des inégalités sociales et symboliques importantes.

Plus encore, la logique de promotion de ces emplois n’est pas simplement le désir d’exploiter un gisement d’emplois, mais s’articule au contraire parfaitement avec un modèle de société fondé sur une division sociale du travail accrue, permettant la marchandisation de nouvelles activités.

Cependant, la critique de ces politiques et le rejet de ce type d’emploi ne peuvent s’inscrire que dans une perspective « idéale » et laissent, au contraire, ouvertes des questions de morale concrètes. Ainsi, par exemple, les injustices que vivent les femmes de ménage immigrées sont potentiellement plus faibles que celles qu’elles auraient vécues en l’absence de ce type d’emploi... L’obtention d’un emploi de ménage à domicile peut alors d’un point de vue individuel être considéré comme un progrès. Ce constat favorise le combat pour une meilleure reconnaissance de ces emplois, mais n’annule cependant pas l’objectif, plus lointain, d’une société où cette forme d’emploi n’aurait plus lieu d’être.

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[1Ne sont pas compris dans cette analyse les cas de ménage à domicile chez les personnes âgées qui entrent dans un cadre différent et ne constituent par ailleurs pas la majorité de ces emplois.