Situation des femmes et travail aliéné

par Entropia

Décidément, il faut « prendre au sérieux et jusqu’au bout l’anthropologie d’Hannah Arendt en ne la limitant pas à ce qu’elle appelle la vie active, mais en complétant cette dernière par la reconnaissance mutuelle des œuvres et des actions de chacun afin d’aboutir au plein épanouissement de chacun ». Telle est, pour Bernard Guibert, la piste qu’il faut suivre pour resituer le travail salarié, en particulier celui des femmes, dans la recherche du sens des activités humaines. S’il est impossible de réguler les économies informelles tout en leur reconnaissant une valeur positive, il faut admettre la productivité rayonnante du don généralisé propre à un « messianisme féministe », illustré par les luttes des femmes au Sud comme au Nord, qui est le levain d’une fraternité retrouvée. Pour Sandrine Rousseau et François-Xavier Devetter, la supercherie de l’externalisation des tâches domestiques est patente. Les emplois qui découlent de cette mystification ne font qu’accroître l’inégalité et le mépris que subissent les femmes issues en particulier de l’immigration. La domesticité n’ayant jamais été, c’est le moins qu’on puisse dire, un modèle de reconnaissance de la dignité humaine, elle est au contraire un signe de « distinction » que s’octroie la classe dominante ! Aujourd’hui, à travers les emplois de ménage à domicile, cette discrimination en vient à coloniser l’imaginaire de l’ensemble du corps social. Cette division sociale et sexiste du travail accentue la folie productiviste d’une société plombée par la marchandisation généralisée des activités humaines.